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Celle qui va à l’essentiel : entretien avec l’artiste Laurence Skivée

 

 

Laurence Skivée possède un univers bien à elle et se situe d’emblée du côté des artistes belges qui savent mêler humour et profondeur à leurs œuvres. Elle ne badine pas sauf peut-être avec l’amour… Mais l’auteur de ces lignes n’en sait strictement rien. A l’inverse, il est saisi par les reliquats rémoulades, les émiettements, les éboulis d’une œuvre à l’humour pinçant et poétique et parfois hallucinatoire. L’artiste y cultive le paradoxe vu l’improbabilité d’un centre. Troubles et gondolements, transes, défaillances créent des trajets intempestifs. Le peu inscrit odyssées et chutes. Existent des mouvements valétudinaires, des crêtes et creux, des vies de chiens (mais exit le cabotinage). Avec ça et là des paroles germinatives, une revue des crécelles, des pompes aspirantes, un corpus de reliques qui rendent la vie plus vive sans jamais s’appesantir. Du moins tant que faire se peut entre gouffres et variations. Là où tout fuit en demeurant fixé.

 

Entretien :

 

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?

Ma bibliothèque.

 

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?

Des dessins.

 

A quoi avez-vous renoncé ?

La famille.

 

D’où venez-vous ?

D’Alleur, petit village proche de Liège.

 

Qu’avez-vous reçu en dot ?

Rien.

 

Un petit plaisir quotidien ou non ?

Un verre de vin rouge.

 

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?

D’être hors collectifs, hors galeries.

 

Comment définiriez-vous la spécificité de chacune de vos techniques (dessin, collage, photo, etc) ?

Regard aigu / épuré.

 

Quelle est la première image qui vous interpella ?

Une photographie d’Alexander Gardner : « Portrait de Lewis Payne », 1865.

 

Et votre première lecture ?

« Un homme qui dort » de Georges Perec.

 

Quelles musiques écoutez-vous ?

Française comme Bertrand Burgalat / Electronique comme Koudlam / Anglo-saxonne comme Peter Doherty.

 

Quel est le livre que vous aimez relire ?

« Marcher » d’H.D Thoreau.

 

Quel film vous fait pleurer ?

« Absences répétées » de Guy Gilles.

 

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ?

Un être entier.

 

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?

J’ai toujours osé.

 

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?

Là où sont les animaux en liberté.

 

Quels sont les artistes et écrivains dont vous vous sentez le plus proche ?

Tristan Tzara et Roger Giroux.

 

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?

Des livres de poésie.

 

Que défendez-vous ?

Les animaux et la poésie.

 

Que vous inspire la phrase de Lacan : “L’Amour c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas” ?

Beaucoup d’audace.

 

Que pensez-vous de celle de W. Allen : “La réponse est oui mais quelle était la question“ ?

Trop facile.

 

Quelle question ai-je oublié de vous poser ?

Sur le monde animal.

 

 

Entretien et présentation réalisé par Jean-Paul Gavard-Perret pour lelitteraire.com, le 11 avril 2017.

 

© Véronique Molino - 2008 - 2017